Il existe une fascination presque instinctive pour les hôtels abandonnés. Ces lieux, conçus pour accueillir, deviennent soudain silencieux, figés, presque irréels. Entrée interdite (2026) exploite parfaitement cette tension. Le film ne part pas d’un lieu effrayant en soi, mais d’un espace familier, détourné de sa fonction. Un hôtel vide n’est jamais neutre. Il conserve les traces de ce qu’il a été, tout en laissant place à ce que l’on ne contrôle plus.

Entrez dans l’hôtel Paragon !
Le récit suit un groupe de jeunes attirés par l’exploration urbaine. Leur démarche est révélatrice d’une époque où l’on ne se contente plus de visiter les lieux, mais où l’on cherche à les expérimenter différemment. Entrer dans un hôtel fermé, c’est accéder à une forme d’interdit, mais aussi à une expérience que les espaces contemporains, souvent trop normés, ne permettent plus.
Au départ, l’hôtel Paragon apparaît comme un terrain de découverte. Les espaces sont observés, parcourus, presque admirés. Il y a une forme d’émerveillement face à ce lieu figé dans le temps. Mais cette curiosité bascule progressivement. L’exploration cesse d’être un jeu. Elle devient une intrusion. Et cette intrusion modifie le rapport au lieu.

Un espace qui échappe à toute logique
À mesure que les personnages avancent, l’hôtel se transforme. Ou plutôt, leur perception du lieu change. Les repères deviennent incertains, les circulations perdent leur évidence, les espaces semblent se répéter. Là où un hôtel est conçu pour être lisible et intuitif, celui-ci devient opaque.
Ce renversement est particulièrement intéressant. L’architecture hôtelière est pensée pour accompagner sans contraindre, pour orienter sans que cela ne soit perceptible. Dans Entrée interdite (Do not Enter), cette logique disparaît. Le bâtiment ne guide plus, il désoriente. Il ne facilite plus l’expérience, il la complique. Ce qui était un espace maîtrisé devient un environnement subi.
Un film qui divise : entre promesse et déséquilibre
Si Entrée interdite repose sur une idée efficace — un hôtel abandonné exploré par des créateurs de contenu — son exécution divise. Le film peine à trouver un ton stable, oscillant entre horreur, humour et action sans parvenir à installer une tension durable. Cette instabilité affaiblit l’expérience, qui manque parfois de cohérence.
Les personnages, assez stéréotypés, rendent l’implication émotionnelle limitée. En revanche, le décor de l’hôtel fonctionne pleinement et porte à lui seul une grande partie de l’atmosphère. La créature apporte également une dimension inquiétante, tandis qu’une intrigue secondaire plus humaine offre un léger contrepoint.
Au final, le film reste regardable et parfois efficace, mais donne l’impression de ne pas exploiter pleinement son potentiel.
Pour moi ce film reste avant tout un film d’horreur, mais pour les adeptes de l’hôtellerie, L’hôtel Paragon donne une dimension particulière au film ! Bon visionnage








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