À moins d’une heure de Paris, nichée au cœur de la vallée de Chevreuse, une bâtisse millénaire semble défier le temps. L’Abbaye des Vaux-de-Cernay n’est pas qu’un monument historique, ni seulement un hôtel. Elle est un monde à part, un lieu suspendu entre passé et présent, spiritualité et raffinement, silence et volupté. Depuis sa fondation en 1118 jusqu’à sa renaissance spectaculaire orchestrée par le groupe Paris Society, l’abbaye incarne l’idée même d’un refuge hors du temps, où l’âme des pierres dialogue avec l’élégance contemporaine.
Aux origines du silence
Tout commence au XIIe siècle, dans une époque où la foi détermine les contours du monde. Fondée par Simon de Neauphle et des moines venus de l’abbaye de Savigny, l’Abbaye des Vaux-de-Cernay devient rapidement un haut lieu du cistercianisme. Affiliée à l’ordre de Clairvaux en 1147, elle se développe selon les préceptes rigoureux de saint Bernard : sobriété, travail manuel, prière et austérité. À cette époque, les pierres sont levées à la main, les voûtes gothiques s’élèvent dans un silence habité, et la communauté grandit dans l’ombre des bois et des lacs.
Mais l’Histoire, capricieuse, n’épargne personne. En 1791, à la faveur de la Révolution française, l’abbaye est dissoute, les moines chassés, les bâtiments vendus comme biens nationaux. Les voûtes s’effondrent, les vitraux disparaissent, et l’abbaye tombe en ruine. Il faudra attendre le XIXe siècle pour qu’une femme d’exception, la baronne Charlotte de Rothschild, décide de lui redonner vie.

©Abbaye des Vaux-de-Cernay
Une résurrection Rothschildienne
En 1873, Charlotte de Rothschild acquiert l’abbaye alors abandonnée et envahie par la végétation. Visionnaire, elle entreprend sa restauration complète, dans un esprit romantique teinté de médiévalisme. Elle y invite des artistes, des écrivains, des penseurs. Son salon devient un refuge culturel, son jardin un théâtre de contemplation. Sa fille, Béatrice de Rothschild, future bâtisseuse de la Villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat, y puisera sans doute son goût pour l’éclectisme raffiné.
De cette époque naît une atmosphère singulière : l’abbaye n’est plus un monastère, ni tout à fait une demeure. Elle devient un espace de passage entre les époques, entre la rigueur du passé religieux et l’exubérance du style de vie Rothschild. La spiritualité se fait esthétique, la pierre se pare de velours.
Un nouvel âge d’or : l’abbaye version Paris Society
En 2020, l’abbaye entre dans une nouvelle ère grâce au groupe Paris Society, connu pour ses lieux d’exception mêlant patrimoine, art de vivre et élégance contemporaine. Après plusieurs années de rénovation respectueuse, l’Abbaye des Vaux-de-Cernay rouvre en 2023 ses portes comme un hôtel cinq étoiles unique en son genre. Le défi ? Conserver l’âme du lieu tout en lui offrant une seconde vie tournée vers l’expérience et la déconnexion.
Dès l’arrivée, le visiteur est saisi par la majesté des lieux : les voûtes gothiques restaurées, les allées bordées d’arbres centenaires, le lac paisible qui reflète les pierres dorées de l’abbaye. L’hôtel compte 147 chambres et suites réparties entre l’abbaye, les haras, la ferme et plusieurs pavillons nichés dans le parc. Chaque espace a été pensé dans le respect du cadre historique, tout en apportant une touche chaleureuse et contemporaine.
La décoration, signée Cordélia de Castellane, revisite l’univers de la country house anglaise avec un œil français : papiers peints fleuris, meubles chinés, boiseries anciennes, velours poudrés, lampes sculpturales. Rien n’est figé, tout respire une forme de luxe sensible, propice à la lenteur et à la rêverie.



©Abbaye des Vaux-de-Cernay
Un domaine d’expériences
Loin d’être un simple hôtel, l’abbaye est un véritable domaine de vie. Sur près de 75 hectares de forêts, prairies et étangs, les visiteurs peuvent composer leur propre voyage sensoriel. Les plus contemplatifs se perdront dans les jardins, iront lire à l’ombre d’un cloître, ou méditer au bord du lac. Les plus actifs découvriront une offre impressionnante : yoga, aviron, ULM, montgolfière, tir à l’arc, promenades équestres ou en vélos électriques.
Le spa Tata Harper, installé dans les anciennes écuries, propose un univers de soins haut de gamme dans un décor brut et apaisant. Une piscine intérieure, un hammam, un sauna et une salle de fitness complètent cette parenthèse bien-être.
Pour les familles, l’abbaye n’oublie rien : un Kids Club designé avec Tartine & Chocolat accueille les enfants dans un esprit ludique et poétique, avec des activités autour de la nature, des animaux, et de la créativité.

©Abbaye des Vaux-de-Cernay
Une table à la hauteur du lieu
Côté cuisine, l’abbaye se décline en plusieurs atmosphères. Les Chasses, ancienne salle de chasse de la famille Rothschild, propose une cuisine française de haut vol, entre produits du terroir et interprétations modernes. Le Réfectoire des Moines joue la carte du brunch et des grands buffets dans un décor monumental. L’Auberge offre une cuisine plus conviviale, presque rustique, tandis que La Trattoria rappelle l’Italie du partage. Deux bars complètent l’expérience : le James’ Bar, chic et feutré, idéal pour les amateurs de whisky et de cigares ; le Betty’s Bar, plus effervescent, pour les cocktails et les soirées festives.

©Abbaye des Vaux-de-Cernay
Un hôtel, une légende
Ce qui fait la magie de l’Abbaye des Vaux-de-Cernay, c’est son âme. Chaque pierre semble chargée d’histoire, chaque détail est pensé pour créer une émotion. L’abbaye n’a pas été restaurée : elle a été réveillée. Et dans ce réveil, elle offre à ses visiteurs une sensation rare aujourd’hui : celle d’être ailleurs, profondément ailleurs, dans un temps suspendu entre le sacré, l’intime et l’inoubliable.
Infos pratiques
Adresse : Route d’Auffargis, 78720 Cernay-la-Ville (accès via N10 ou RER B + taxi)
Restaurant & Domaine : accès réservé aux clients et sur réservation extérieure (certains espaces ouverts en journée)
Check-in : à partir de 15h / Check-out : avant 12h
Spa Tata Harper : 10h‑19h (accès hôtel & visiteurs semaine ; sur réservation)
Site officiel : abbayedesvauxdecernay.com








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