À Nice, sur la célèbre promenade des Anglais, il est un lieu qui ne ressemble à aucun autre. Plus qu’un hôtel, le Negresco est une œuvre d’art habitée, un théâtre grandiose où l’histoire, l’extravagance et l’hospitalité à la française s’entrelacent depuis plus d’un siècle.
Un palace né d’un rêve d’excellence
L’histoire du Negresco commence avec Henri Negrescu, un roumain visionnaire qui, après avoir fait fortune dans l’hôtellerie de luxe à Paris, rêve de créer à Nice un établissement qui rivaliserait avec les plus grands palaces du monde.
En 1913, il fait construire un hôtel d’un genre nouveau : une façade néoclassique face à la Méditerranée, une coupole rose déjà mythique, des salons dorés, un immense lustre Baccarat de 16 000 cristaux commandé à l’origine pour le tsar Nicolas II. Tout, dans le Negresco, est pensé pour éblouir.
L’établissement ouvre ses portes en janvier 1913. Il attire immédiatement l’aristocratie européenne, les têtes couronnées, les célébrités. Mais à peine un an plus tard, la guerre éclate. Le palace est réquisitionné, et son destin bascule.
De la Belle Époque aux stars d’aujourd’hui : un hôtel-monde
Après la Première Guerre mondiale, le Negresco renaît peu à peu. Mais c’est surtout à partir des années 1950 que l’hôtel entre dans une nouvelle ère, avec l’arrivée d’une personnalité hors du commun : Jeanne Augier.
Propriétaire du lieu pendant plus de 60 ans, elle insuffle au Negresco une âme unique. Elle refuse d’en faire un palace “comme les autres”. Elle en fait un lieu d’art et de caractère, mêlant mobilier XVIIIe, art contemporain, tapisseries anciennes, sculptures monumentales et œuvres signées César, Niki de Saint Phalle, Dali, Moretti…
Chaque couloir devient une galerie. Chaque chambre, une variation d’époque. Le Negresco devient un musée vivant, où l’on peut croiser une armure médiévale dans un salon Empire, ou s’endormir sous un portrait de Louis XVI.
Et surtout, Jeanne Augier veille à ce que l’hôtel reste indépendant, loin des grands groupes internationaux. Elle en fait le dernier palace français à gestion privée, jusqu’à sa mort en 2019.
Un palace face à la mer, ancré dans la culture française
Le Negresco n’est pas seulement un monument hôtelier. Il est un symbole national, classé Monument historique en 2003.
Face à la baie des Anges, il offre une vision du luxe à la française, raffinée mais excentrique, fière de ses racines.
Il accueille depuis toujours les grands noms du monde entier : Salvador Dalí, Michael Jackson, Grace Kelly, les Rolling Stones, Elton John, Louis Armstrong… Tous ont dormi au Negresco, fasciné par son style inimitable.
Mais ici, le vrai luxe n’est pas la discrétion. C’est l’audace.
Un art de vivre cultivé dans les moindres détails
Le Negresco, c’est aussi La Rotonde, restaurant au décor baroque et joyeux, où chevaux de bois et ambiance Belle Époque offrent une expérience hors du temps.
Et c’est surtout le Chantecler, la table gastronomique de l’hôtel, étoilée Michelin, installée dans un décor XVIIIe d’un raffinement extrême. On y cultive la tradition, l’excellence et la création, dans un service à la française assumé
Une collection d’art unique au monde
Ce qui fait du Negresco un hôtel absolument à part, c’est sa collection d’art privée : plus de 6 000 œuvres, accumulées au fil des décennies.
Dans les escaliers, salons, couloirs et chambres, on découvre :
- des portraits royaux,
- des sculptures d’artistes contemporains,
- des tapisseries historiques,
- des installations modernes…
Le palace devient une expérience muséale libre, ouverte à ceux qui savent regarder.
Le Negresco aujourd’hui : entre légende et avenir
Depuis le décès de Jeanne Augier, le Negresco poursuit son aventure, fidèle à sa vocation : rester un lieu d’exception, de culture et de liberté. Il continue de fasciner, d’inspirer, d’émerveiller. Il ne ressemble à aucun autre hôtel sur la Riviera… ni ailleurs.
Il n’est pas un simple hébergement de luxe.
C’est une déclaration, un esprit, un roman vivant.
Pourquoi le Negresco reste inimitable
- Parce qu’il mêle l’hospitalité à l’art, avec sincérité.
- Parce qu’il refuse l’uniformité du luxe contemporain.
- Parce qu’il assume son excentricité comme un geste culturel.
- Parce que chaque client, célèbre ou inconnu, y devient un personnage d’époque.
- Et parce qu’en y séjournant, on ne visite pas un hôtel, on entre dans une œuvre.









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