
Un dimanche matin de juillet 2013, l’élégant Carlton de Cannes s’apprête à vivre l’un des plus spectaculaires braquages jamais enregistrés en France. Il est un peu plus de 11h30 quand un homme armé pénètre dans une salle d’exposition privée organisée par le joaillier Leviev, l’un des plus grands noms du diamant. Le cadre : une suite du palace, baignée de lumière, avec vue sur la Méditerranée. Le butin : 103 millions d’euros de bijoux.
Le tout s’est joué en moins d’une minute.
Un hold-up sans violence, mais millimétré
Le voleur, seul, surgit par les portes-fenêtres donnant sur la Croisette. Il n’a ni cagoule ni déguisement extravagant, juste une casquette et un foulard. Sous la menace de son arme, il oblige les deux agents de sécurité — non armés — à se mettre à terre. Il remplit rapidement une valise et une boîte avec colliers, bagues et parures serties de pierres rares. Puis il s’enfuit par la même porte, calmement.
Quelques bijoux tombent au sol pendant sa fuite. Il prend même le temps de les ramasser.
Le plus gros vol de bijoux jamais commis en France
Le choc est immédiat. D’abord estimé à 40 millions d’euros, le butin est rapidement réévalué à 103 millions après inventaire. À ce jour, il s’agit toujours du plus grand braquage de bijoux recensé sur le territoire français.
Le lieu du crime n’a rien d’anodin. Le Carlton est l’un des hôtels les plus emblématiques de Cannes, connu pour accueillir stars, chefs d’État et grandes maisons pendant le Festival. Il avait d’ailleurs été immortalisé dans le film La Main au collet d’Alfred Hitchcock, en 1955… une histoire de voleur de bijoux, justement.
Un suspect : les Pink Panthers
Très vite, les enquêteurs évoquent une piste internationale : celle des Pink Panthers, un réseau criminel originaire d’ex-Yougoslavie, spécialisé dans les braquages de haute précision. Quelques jours plus tôt, un de leurs membres, Milan Poparic, s’était évadé d’une prison suisse. La coïncidence semble trop grande.
Mais malgré les pistes, aucune arrestation n’a été faite. Le voleur s’est littéralement volatilisé.
Un événement qui interroge la sécurité des palaces
Le braquage révèle aussi des failles évidentes dans la sécurité de ce type d’événements :
- Pas de système d’alarme efficace.
- Une salle accessible depuis l’extérieur.
- Aucune protection blindée des vitrines.
- Un personnel sans moyens de défense.
Une prime d’un million d’euros a été promise par l’assureur Lloyd’s of London pour toute information menant à la récupération des bijoux. Sans succès.
Un parfum de légende
Ce casse a tout d’une histoire de cinéma : un cadre prestigieux, une opération éclair, un butin vertigineux, et une enquête internationale sans issue. Dix ans plus tard, l’affaire du Carlton continue de nourrir l’imaginaire collectif. Et pour l’instant, le ou les voleurs savourent peut-être, quelque part, le fruit de leur audace.
Et si le luxe rendait aveugle à la vulnérabilité ?
Ce fait divers interroge au-delà de son aspect spectaculaire. Il révèle combien les lieux d’exception peuvent aussi être fragiles. Derrière les dorures et les lustres, les hôtels les plus prestigieux ne sont pas à l’abri d’une faille humaine… ou d’un plan redoutablement efficace.









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