Il y a des lieux qui semblent avoir toujours existé. Le Ritz en fait partie. Ancré place Vendôme depuis 1898, il incarne bien plus qu’un simple hôtel de luxe : c’est une légende, une idée du raffinement, un miroir tendu à une époque où Paris était le centre du monde.
César Ritz, l’homme derrière le mythe
Avant le Ritz, le luxe hôtelier n’existait pas vraiment. César Ritz, fils de paysans suisses, va en inventer les codes. Fin observateur, il comprend que les riches voyageurs de la Belle Époque veulent se sentir chez eux, même loin de chez eux. Il crée alors un hôtel pensé comme une maison privée : élégance discrète, confort moderne, service invisible mais omniprésent. En un mot : l’excellence.
Une révolution silencieuse
Lorsqu’il ouvre en 1898, le Ritz étonne par sa modernité : salles de bain attenantes, téléphone dans les chambres, service de chambre 24h/24. Mais c’est surtout l’atmosphère qui frappe. Ici, pas d’ostentation : le luxe est feutré, intime, presque secret. On vient au Ritz pour disparaître autant que pour briller.
Les murs ont de la mémoire
Au fil du temps, le Ritz devient un théâtre d’ombres et de lumières. Marcel Proust y dîne en silence, Coco Chanel y vit trente ans, Hemingway y « libère » le bar en 1944. Les plus grands s’y croisent, s’y cachent ou s’y réinventent. L’hôtel traverse la guerre, les modes, les scandales — sans jamais perdre son mystère.
Une renaissance fidèle à l’esprit des origines
Quand le Ritz ferme en 2012 pour rénovation, c’est tout un monde qui retient son souffle. À sa réouverture en 2016, le pari est tenu : modernisé, certes, mais sans rien céder à son âme. L’hôtel continue d’écrire son histoire, entre passé et présent, toujours fidèle à cette première promesse : celle d’un lieu à part, où le luxe est un art de vivre, jamais un décor.









Laisser un commentaire