Musique d’ascenseur : la bande-son des hôtels

Si vous vous souvenez d’un air doux, presque imperceptible, flottant entre les couloirs d’un palace ou dans la cage vitrée d’un ascenseur feutré, vous avez sans doute déjà rencontré la musique d’ambiance, souvent surnommée à tort (ou à raison) « musique d’ascenseur ». Mais d’où vient cette discrète mélodie qui accompagne si souvent nos pas dans les hôtels ? Pourquoi est-elle là ? Que dit-elle de notre manière d’habiter un lieu ?

Aux origines : l’invention du silence musicalisé

La musique d’ascenseur – ou plus précisément la Muzak, du nom de la société pionnière du genre – est née aux États-Unis dans les années 1930. Son but ? Combattre le silence gênant dans les espaces publics tout en favorisant le confort psychologique. Muzak Inc. a inventé un genre musical dédié à l’environnement, une musique de fond non intrusive, à mi-chemin entre la pop instrumentale, le jazz adouci, et les arrangements orchestraux sans voix.

Dans les hôtels, elle apparaît dès les années 1950, à l’époque où les établissements cherchent à créer une expérience harmonieuse et sophistiquée pour leurs clients. Le lobby devient un théâtre d’entrée, et la musique une entrée en matière sensorielle.

Un son calibré pour les émotions

La musique diffusée dans les hôtels n’est pas choisie au hasard. Elle est pensée pour rassurer, adoucir, faire patienter sans impacter. Ni trop triste, ni trop joyeuse, elle épouse le rythme du lieu. Les musiques d’ambiance peuvent influencer notre perception du temps, de l’espace et même de la qualité de service.

Dans les ascenseurs, cette musique a un rôle très spécifique : désamorcer le malaise. Dans un espace fermé, souvent silencieux, voire inconfortable, un léger fond musical rend l’expérience moins abrupte. Ce n’est pas un hasard si elle est souvent rythmée sans être rapide, mélodique mais discrète.

Une esthétique rétro devenue culte

Longtemps moquée, la musique d’ascenseur connaît aujourd’hui une forme de réhabilitation pop. Des artistes contemporains comme Ariel Pink, Mac DeMarco ou même Air s’en inspirent. Des hôtels la revendiquent comme un élément de style vintage, recréant une ambiance inspirée des années 60-70, entre design néo-moderniste et second degré assumé.

Dans certains établissements, la bande-son est devenue un élément identitaire. Certains hôtels de luxe font appel à des designers sonores pour créer une playlist sur-mesure, allant du chill ambient à la soul discrète, en passant par de la bossa nova instrumentale. Une musique qui ne veut rien dire, mais évoque tout : le voyage, le repos, l’élégance.

Et aujourd’hui ?

La musique d’ascenseur est moins omniprésente qu’autrefois, mais elle a laissé son empreinte. Dans les hôtels, la tendance est désormais à la curation musicale, avec des playlists diffusées dans les chambres, les spas ou les restaurants.

Certains groupes hôteliers (come, Mama Shelter, Soho House, ou Hôtel Amour) considèrent la musique comme une extension du storytelling, au même titre que l’architecture ou le mobilier.

La musique d’ascenseur, elle, reste là en filigrane. Parfois remplacée par un silence assumé, parfois détournée en clin d’œil stylisé, elle continue de raconter – en sourdine – une certaine idée de l’accueil et du passage.

🎵 FUN FACTS
  • Le terme MUZAK désigne une forme de musique fonctionnelle, très aseptisée, le terme est plutôt négatif
  • La Nasa utilisait aussi de la “Muzak” pour détendre les astronautes pendant leurs missions spatiales
  • La musique d’ascenseur est un cliché du cinéma, souvent utilisé pour des scènes génantes ou absurdes

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